Je consomme, donc je suis

      Couple

credit-card-851502_1920

Il y a déjà un bon moment que l’idée d’écrire un blog sur le budget familial nous trotte dans la tête. C’est un sujet délicat pour plusieurs couples. Un sujet qui amène souvent des chicanes longues et pénibles. C’est aussi notre cas. Et les chicanes deviennent plus sérieuses lorsque les enfants entrent en jeu. Nous avons deux styles et philosophies budgétaires clairement opposés.

Côté femme : aucune dette, des placements, du couponing et quelques dépenses farfelues (juste 40 vernis à ongles et l’ensemble des palettes de couleurs de maquillage Lancôme). C’est tout de même la fourmi du couple.

Côté homme : dettes d’études, marge de crédit, des REER, mais c’est lui la cigale.

Femme dit à homme : Mais pourquoi est-ce que tu as trois paires de souliers bruns? Et pourquoi tu as six chemises blanches?

Homme dit à femme : Je suis un peu serré cette semaine pour payer l’hypothèque, je pense à utiliser la marge de crédit. C’est simple, c’est moi qui paye tous les restaurants. Je dépense bien plus que toi, c’est normal.

Femme dit à homme : Tu fais presque le double de mon salaire et je paye les dépenses 50% avec toi… Comment tu peux être serré? Tu vas capoter lorsque nous allons faire nos impôts. As-tu pensé aux nouveaux frais de garderie? As-tu mis un CELI de côté en cas d’urgence?

Bref, des discussions que nous voulons éviter. Comment trouver l’équilibre? Quelle est LA solution pour VOIR la couleur de notre argent?

Au mois de janvier, nous avons osé. Ah ! Le mois de janvier ! LE mois de tous les rêves ! De toutes les promesses et aspirations ! C’est durant cette période cruciale de l’année que l’on établit le plan pour l’année. Perdre du poids, faire de l’exercice, passer plus de temps avec la famille, brosser le chat plus souvent, chialer moins souvent et j’en passe.

C’est aussi le mois le plus déprimant parce que la carte de crédit et le réveil brutal des fêtes se font sentir. Pourtant avec deux jobs, comment peut-on se sentir ainsi ”serré”?

On vit pourtant simplement. Non ? Peut-être pas…

Qu’est-ce qui nous différencie de nos parents et de ce qu’ils ont vécu à notre âge ? La pression sociale ? Non, c’était aussi présent.

Comment est-ce que nos parents pouvaient jongler avec un seul salaire ? Beaucoup de mères étaient à la maison. À ce jour, ils vivent néanmoins une bonne retraite et voyagent beaucoup. De notre côté, nous ne savons même pas si nous aurons assez d’argent à la retraite. On souhaite donc que nos fils soient entrepreneur d’une multinationale ou médecin avec triple spécialisations pour payer notre résidence soleil.

Pourquoi cette différence avec nos parents ? Est-ce la diversité des occasions de dépenser de l’argent ? Non, c’était présent aussi.

On peut aussi mettre ça sur le dos de la société actuelle qui est basée sur la surconsommation. Elle place l’épargne dans les priorités assez loin. Un voyage en famille, une soirée dans un resto avec un chef au nom connu ou plus de REER ? Un REER, un CÉLI ou un SUV? Un CELI de XX $ par mois ou un compte à la SAQ de xx $ par mois ?

Pour y arriver, c’est un peu comme n’importe quel problème. Il faut d’abord admettre qu’il y a un problème. Pour nous, en ce beau mois de janvier, ça été de faire le difficile, pénible et peu amusant budget. Oui, le mot qui commence par B. De l’écrire c’est déjà lourd. Le faire ? 10 fois pire. On a pris notre courage à deux mains, ainsi que les relevés des quatre derniers mois pour constater que certaines dépenses n’avaient aucun sens. C’est une photo budgétaire que nous devrions TOUS faire. Un « reality check » tellement important et somme toute, tellement facile à faire. Des milliers d’outils gratuits existent pour nous faciliter la vie. Ou simplement le bon vieux Excel.

Dans notre cas, notre fichier Excel nous a expressément dit que nous étions trop festifs et que bientôt nous n’allions plus festoyer très fort en continuant ce rythme effréné : les postes budgétaires restaurant, cadeaux pour amis et SAQ n’avaient clairement pas de sens pour un couple avec enfants. Le pire là-dedans, c’est que quelque part, nous le savions. De le voir, ça fait mal, mais ça aide à enligner les priorités et à prévenir les catastrophes. Vraiment, de constater que nous avions dépensé xx $ en restaurant dans l’année nous a « flabergasté ».

Parce qu’honnêtement, après avoir fait le tour de plusieurs « bons » restaurants et bu de très bon vins, il n’y a eu que très peu de fabuleuses découvertes qui ont valu la dépense. Et encore là, était-ce la nourriture en tant que telle ? Était-ce le service sensationnel ? Était-ce plutôt le moment et les gens avec qui on le partage ? D’admettre que c’est plutôt le moment et les gens démontrent que ce flot ininterrompu de dépense fait mal. Ce que l’on aurait pu faire d’autre avec ce même montant. Bon ! C’est fait ! Ça ne sert à rien de se morfondre.

Leçons apprises : la simplicité ne rend pas moins heureux. Avec tout le talent et l’enthousiasme que l’on a, faire ses propres expériences culinaires et les partager avec les gens que l’on apprécie est de loin plus gratifiant. Le portefeuille ne s’en portera que mieux. Et que dire des simples soirées au restaurant avec les enfants !

Côté budget, nous avons donc décidé de couper dans ce qui est inutile pour nous : restaurants les soirs de semaine (l’auto « animalerie » du St-Hubert est ben belle et les 4 croquettes ben bonnes, mais 75$ la fois…c’est trop) et faire notre lunch le midi. Pour ce qui est de la SAQ, nous irons à la SAQ dépôt à la place, tout en respectant un prix à la bouteille plus raisonnable (parce qu’il y a de bons vins en bas de 20$). Enfin, nous allons dépenser moins en cadeaux. Un budget fixe et aussi plus raisonnable. Pour les cadeaux d’enfants, nous aimerions prôner les cadeaux de deuxième main comme nous le faisons déjà avec nos enfants.

Nous croyons que le plus important est de se fixer des objectifs réalistes et de suivre les résultats. Il faut faire le budget trimestriellement. De la bonne musique, une bonne tisane (ou un verre de vin si l’on s’attend à une mauvaise surprise) et le tour est joué.

Saurons-nous maintenir le cap ? À suivre. Mais on va continuer à dépenser… c’est comme une drogue. Faut juste mieux le faire et tenir à nos objectifs :

1. Réduire les dépenses de restaurants :
a. Éviter les restaurants les soirs de semaine
b. Limiter les restaurants avec les enfants (rendre la sortie unique et non routinière)

2. Réduire les dépenses de SAQ
a. Pas d’alcool la semaine
b. Aller à la SAQ dépôt
c. Faire des recherches sur les bons vins en bas de 20$

3. Réduire les dépenses cadeaux
a. Allouer un budget par enfant
b. Allouer un budget pour les fêtes d’amis (enfants / adultes)
c. Allouer un montant pour les cadeaux d’hôte

Souhaitez-nous bonne chance et communiquez nous vos bonnes idées !


Émilie & Ghislain

Émilie & Ghislain

La tradition veut que l’on commence par les dames, donc, Émilie est native de Montréal. Passionnée de grand air, cette machine à idée est débordante d’énergie et de positivisme. Directrice marketing de profession, maman de deux garçons, elle est la source intarissable d’idées et d’activités pour la famille. Elle gère aussi l’agenda sociale du couple. Ghislain, c’est le gars de région qui a quitté son patelin pour la grande Ville. Passionné par la musique et la culture populaire, c’est le gars drôle-cynique-party-pooper par excellence. Bref, l’ingénieur chialeux. Parfois submergé par les projets de sa douce, mais bien content de ne pas avoir à tout gérer, il apprécie l’agenda occupé mais aime beaucoup sa solitude. Ensemble, ils arrivent à former un équilibre qui leur appartient.


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *